euro et smiley

Est ce que la liberté financière rend heureux?

Nous avons vu dans l’article précédent ce que pouvait représenter la liberté financière. Mais est ce que la liberté financière rend heureux? Bien entendu cela semble difficile de partir à la quête du bonheur si dans un premier temps l’ensemble des besoins primaires n’est pas satisfait. Se loger, se nourrir et se chauffer sont des besoins primaires indispensables. Mais une fois que ces besoins sont assurés et que l’on commence à vivre plus confortablement, est-on forcément beaucoup plus heureux ?

Dans un premier temps il y a certes une amélioration et moins de stress, mais rapidement d’autres problèmes peuvent surgir et prendre d’autres formes. En effet les besoins primaires étant enfin satisfaits les autres besoins se font alors plus sentir tels que la sécurité et le besoin de bien-être ou de reconnaissance.

Exemple:

  • Est ce que je vais pouvoir payer l’emprunt pour ce nouvel appartement mieux placé et plus grand?
  • Quels placements choisir pour mon épargne? Est ce que je ne vais pas me faire avoir?
  • Comment est ce que je pourrais avoir plus de temps, je passe tellement de temps au travail que je n’ai même pas le temps de dépenser mon argent?

Et même une fois dépassé ce niveau de vie confortable, lorsque l’on parvient à un vrai niveau de liberté financière d’autres besoins apparaissent et génèrent du stress : je n’aime pas ce que je fais, cela n’a pas de sens et ne correspond pas à mes aspirations, j’aimerai plus de temps, j’aimerai que ce que je fais contribue à quelque chose de plus grand, j’aimerai pouvoir contribuer à la société…

Pour ma part j’ai fait cette expérience de vie et j’ai vécu plus de 12 ans avec un salaire comparable à ce qu’on peut considérer comme la liberté financière (cf. mon article précédent). Je ne regrette rien et c’est une étape importante de ma vie et cela m’a permis d’expérimenter ce que “avoir beaucoup d’argent” veut dire.

J’ai découvert à ce moment là que je n’étais pas heureux, qu’il me manquait autre chose. J’ai découvert également que beaucoup de gens autour de moi ne l’étaient pas quelque soit l’importance de leur position sociale.

Mon niveau de stress quotidien pouvait être à son paroxysme : que ce soit par rapport à la pression sociale, la pression au travail ou encore les problèmes relationnels, des problèmes dans ma famille ou encore la peur de manquer d’argent qui continuait à s’insinuait sournoisement dans ma vie en m’en demandant « toujours plus ».

Ce « toujours plus » était bien sûr inconscient mais il recelait le secret espoir qu’un jour cela allait le faire, qu’un jour il se passerait quelque chose qui me rendrait plus heureux.

Plus tard dans mes coachings financiers j’ai pu me rendre compte que le niveau du compte bancaire n’avait pas grand chose à voir avec le niveau de stress. A l’extrême, des gens avec des centaines de milliers d’euros d’épargne continuaient de vivre comme s’ils allaient manquer d’argent demain matin. Tout cela étant bien sûr inconscient au départ.

Vient s’ajouter à cela le fait que la société renforce encore ce stress en présentant le bonheur comme étant lié à la réussite sociale et financière majoritairement. C’est ainsi que je me sentais coupable de ne pas être heureux avec la liberté financière et matérielle que je vivais. Je me demandais : « Comment cela se fait il que je ne sois pas heureux ? J’ai tout ce que je pourrais vouloir d’après les critères de la société, un appartement dans la banlieue chic de paris, des voyages plusieurs fois par an, un travail avec un statut de reconnaissance sociale… »

Mais il me manquait quelque chose d’essentiel : donner du sens à ma vie et pouvoir être moi même en toutes circonstances.

argent et bonheur

Tout cela venait notamment du stress qui s’accumulait et s’amplifiait au fur et à mesure que les années passaient. Le stress provient notamment de l’écart entre la réalité que l’on vit et ses aspirations profondes intérieures. Tout cela est bien sûr inconscient mais pourtant bien réel. A cette époque vous m’auriez demandé : es-tu heureux ? Je vous aurez fait une réponse toute lisse et politiquement correcte : tout va bien , j’ai de la chance et j’en profite ! Mais le cœur du sujet était toujours là : pas de bonheur à la clé. Et pas forcément le droit de se plaindre !

C’est comme cela que petit à petit la machine s’emballe et que on atteint ses limites physiques sans pouvoir supporter le stress quotidien pour arriver au burn-out voire à déclarer d’autres maladies comme des AVC qui sont en fait l’ultime solution que le corps trouve pour stopper de force l’augmentation du stress. En effet après un burn-out plus possible de retourner immédiatement au travail, pas tout de suite et dans tous les cas pas dans les mêmes conditions.

Donc certes la liberté financière est importante et permet de répondre à des besoins importants de sécurité mais elle ne permet pas de résoudre seule l’équation du bonheur.

En résumé la liberté financière n’apporte ni liberté ni bonheur si vous ne l’avez pas trouvé en vous même.

En effet la vraie liberté c’est d’être libre d’être soi même en toutes circonstances. C’est aussi s’être libéré de tous ces programmes automatiques qui tournent en boucle à l’intérieur de nous avec des noms comme « il faut que je fasse cela » ou « je dois faire cela » ou « ce serait mieux si je faisais cela »…

C’est d’abord faire le ménage dedans avant de le faire dehors.

Vous voulez savoir si vous êtes libre ?

A quoi avez vous pensez ce matin en vous levant ?

Moi j’ai penser à écrire un article, car « je dois écrire un article aujourd’hui » C’est un programme automatique du type « je dois »

Donc même si j’ai fait pas mal de ménage dans mes fausses croyances et mes limitations, le matin il y a encore des programmes automatiques qui se lancent avec des « je dois » ou ‘il faut » au lieu de « cela me ferait plaisir ce matin si… ». Mais la différence aujourd’hui c’est que je les vois. Cela fait toute la différence car en en ayant conscience ils ont moins de pouvoir et je peux alors récupérer plus de pouvoir sur ce que j’ai envie de vivre dans cette journée. Par exemple je peux décider compte tenu de cela de passer un peu de temps sur l’article mais pas plus de deux heures, après je décide d’aller m’aérer à faire d’autres choses.

Et vous quel est le programme qui tourne en boucle en ce moment quand vous vous levez le matin ? Peut être qu’il vous empêche de vivre un moment de liberté…